Etre parent isolé altère le sommeil
Les parents qui élèvent seuls leurs enfants auraient un sommeil de moins bonne qualité que les parents qui les élèvent à deux, selon une étude américaine.
Une enquête menée aux Etats-Unis révèle que les parents isolés dorment moins bien que les parents qui sont en couple.
Une enquête menée aux Etats-Unis par le U.S. Centers for Disease Control et le Prevention’s National Center for Health Statistics (NCHS) s’est intéressée au sommeil des parents isolés.En s’appuyant sur les réponses récoltées pour la National health interview survey (une grande enquête nationale), les chercheurs ont constaté que les parents isolés avaient un sommeil de moins bonne qualité que les parents qui élevaient à deux leurs enfants. Notamment les mères isolées.Des nuits plus courtes et des difficultés à s’endormirLes parents isolés en charge d’enfants de moins de 18 ans ont déclaré avoir des nuits plus courtes, avoir plus de difficultés à s’endormir et lutter la journée pour ne pas tomber de sommeil. Au réveil, les parents isolés ont déclaré se sentir souvent fatigués.Les mères isolées plus touchées que les pères isolésL’enquête rapporte que 43,5 % des mères célibataires dorment moins de 7 heures par nuit, alors qu’elles ne sont que 31,5 % chez les familles avec “deux parents“, et 29,7 % parmi les femmes sans enfant.Quant aux pères isolés, ils sont 37,5 % à dormir moins de 7 heures par nuit.Si on s’intéresse de plus près aux mères isolées, le sondage révèle que 24 % d’entre elles ont du mal à s’endormir, 28,2 % se réveillent la nuit et 52 % disent ne pas avoir l’impression de s’être reposées après une nuit de sommeil.Les pères isolés souffrent aussi d’un sommeil de mauvaise qualité comparé à leurs homologues en couple ou sans enfant. En revanche, la différence est moins flagrante que chez les mères isolées et celles qui sont en couple ou sans enfant.“Généralement, la mère ou le père isolé est celui qui fait vivre financièrement la famille et celui qui s’occupe seul(e) des enfants après sa journée de travail. Rien d’étonnant à ce que le sommeil soit relégué au second plan“, expliquent les chercheurs.D’autres facteurs socio-économiques peuvent altérer le sommeilCette enquête est un constat, elle n’établit pas un lien formel entre
monoparentalité et sommeil altéré. Il a également été observé auparavant que les familles monoparentales concernaient davantage les personnes pauvres et les minorités ethniques. Il est donc difficile d’affirmer que la monoparentalité est le seul facteur qui peut altérer le sommeil sachant que d’autres paramètres comme le niveau de vie et les origines peuvent influer sur notre sommeil.De plus en plus de familles monoparentales dans les pays développés occidentauxMais cette étude est la première à évaluer non pas seulement la durée du sommeil des parents isolés, mais aussi la qualité de celui-ci. “Cette étude est utile et importante sachant que les familles monoparentales sont en augmentation aux Etats-Unis, et que le sommeil peut influer sur notre santé“, explique Colleen N. Nugent, du NCHS. 41 % des naissances aux Etats-Unis concernent des mères célibataires.En France, sur dix familles, deux sont monoparentales. Aussi la monoparentalité concernerait davantage les femmes (85 %) que les hommes (
chiffres Insee).Annabelle IglesiasSource : Sleep Duration, Quality of Sleep, and Use of Sleep Medication, by Sex and Family Type, 2013–2014, Centers for disease control and prevention, janvier 2016 (
disponible en ligne).